Reservation Road

Reservation Road
J'ai décidé de vous faire partager ce que j'ai pensé de certains films, à travers une critique de temps en temps...

Pour commencer, j'ai choisi Reservation Road, film passé inaperçu en France, avec Joaquin Phoenix et Mark Ruffalo, deux acteurs que j'apprécie beaucoup.


Synopsis : Un petit garçon de dix ans meurt écrasé dans un accident de voiture. Le père de la jeune victime n'a alors plus qu'une seule idée en tête, retrouver le conducteur qui a pris la fuite. Celui-ci est rongé par le remords, mais il ne parvient pas à se livrer à la police, craignant d'être séparé de son fils.

Avant tout, il semble nécessaire d' être plutôt habitué aux films lents, où la profondeur des personnages importe plus que le scénario, ou l'action. Il s'agit ici d'une histoire tragique, très difficile à regarder et à supporter, car elle nous confronte à deux possibilités horribles de notre vie. Perdre ou tuer un enfant dans un accident.
La où le film aurait pu être une succession de scènes larmoyantes et pathétiques, nous assistons plutôt à une catastrophe vécue avec beaucoup de distances, la force résidant dans le fait que nous suivions également le meurtrier accidentel, incarné à la perfection par un Mark Ruffalo dévasté, tiraillé entre amour pour son fils et culpabilité totale, jusqu'à un final percutant, qui aurait pu rapidement dérapé vers la facilité, mais qui ne fait que renforcer la force du propos de son réalisateur.
Joaquin Phoenix, comme à son habitude, joue très juste, incarnant ce père fou de douleurs, prêt à tout pour la mémoire de son fils, très humain.
Il est difficile de parler de ce film, dans le sens ou chacun ressentira des sentiments différents, suivant le camp dans lequel il s'identifiera le plus, celui du père aveuglé par la douleur, ou du père rongé par le remord.
Un contraste saisissant, mais qui ne laissera personne indifférent. Au final, la trame avance vite, atteignant des sommets d'émotions dans une dernière demi-heure négocié avec beaucoup de talents.

Points forts : Une double histoire émouvante, des acteurs sobres mais brillants, une distanciation avec l'horreur de la situation appréciable, un final très juste, qui aurait pu céder à la facilité, mais qui évite brillamment cet écueil.
Points faibles: Un scénario simpliste, des familles américaines "standards", des personnages féminins sacrifiés pour nos deux "héros".

Conclusion: Une histoire qui ne laissera personne indifférent, pour peu que l'on apprécie les films où l'action importe moins que la profondeur des personnages.
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# Posted on Sunday, 20 December 2009 at 4:01 PM

Defeat.

'Cause sometimes you feel tired,
feel weak, and when you feel weak, you feel like you wanna just give up.
But you gotta search within you, you gotta find that inner strength
and just pull that shit out of you and get that motivation to not give up
and not be a quitter, no matter how bad you wanna just fall flat on your face and collapse.







La sueur coulait abondamment sur son visage, ce dernier brillant sous la lumière des projecteurs disséminés autour du tatami.
Le combat faisait rage depuis 3 minutes, et les deux combattants se regardaient fixement, de manière sauvage, animale. L' être en face n'était plus un homme, c'était une proie, une proie difficile à attraper, massive, brutale.

L'arbitre ordonna que le combat reprenne.

Le choc reprit alors, et les deux colosses, transcendés, galvanisés, reprirent leur violent ouvrage.


Il n'en pouvait plus. Son adversaire semblait encore d'attaque, mais lui, lui.... Il puisait dans ses tripes. Son estomac commençait à se serrer. Il avait envie de vomir, tellement l'intensité du combat était à son paroxysme. Ses muscles, crispés, trahissaient sa nervosité grandissante.

Et s'il perdait?

Les deux entraineurs hurlaient sur le bord du tapis, méconnaissables, chacun tentant d'apporter un soutien bruyant à son poulain mourant sur le tatami.

Et s'il perdait?

Son esprit s'évada un instant, dévié par cette pensée affreuse. Il se préparait depuis trois mois déja. Des heures de souffrance, de pleurs, de douleurs, de bonheurs.

Il se retrouva au sol, son adversaire sur le dos.


Il sentit les mains de son bourreau lui attraper le col. Un instant plus tard, le sang lui montait déjà à la tête, bouillonnant, brulant. Il lui était devenu impossible de respirer. Un serpent s'était enroulé autour de son cou, et l'étouffait.

Les deux entraineurs redoublèrent leurs vociférations, tandis que son esprit se troublait dangereusement.
Il frappa trois fois, trois coups distincts, presque calmes. L'étreinte se déserra brutalement, tandis qu'il vit son adversaire bondir dans les bras de son entraineur.
Le chronomètre affichait 4 minutes 47, et il prit conscience qu'il menait à la marque, pourtant. S'il avait tenu 13 secondes de plus, il était sacré.


Son monde s'écroula. Le public disparut dans un nuage de brumes, son entraineur avec. Il était seul, assis, son corps raidit par l'effort.
Il avait perdu. Sensation unique et nouvelle pour lui. Depuis des années, il trustait avec insolence tous les titres qu'il tentait de décrocher. Tous. Pas un lui échappait. Son ascension avait été fulgurante. L'échec n'était pour lui qu'une chimère, un simple cauchemar. "Un truc pour les nuls" lui martelait son entraineur tandis qu'il soulevait la fonte chaque soir.
Pourtant, le cauchemar était devenu réel. Il avait perdu. Il se remémora le jour où, au bout de 7 secondes, il avait projeté ce même adversaire avec un geste d'une beauté inégalable. Le public attentif au combat s'était levé, applaudissant à tout rompre.
Il s'était vu trop beau, trop fort. Le titre allait lui revenir, quoi qu'il arrive. Et pourtant dans quelques minutes, il montrait sur la seconde marche du podium.
Toujours assis, il ne pouvait pas se relever seul. Tout un symbole. Le champion, déchu, ne pouvait se relever. Il sentit les regards fondre sur lui. Des larmes de désespoir lui montèrent aux yeux, tandis que le sang redescendait doucement.
Il ne connaissait pas cette sensation! C'était ça la défaite!? C'était si dur? Il serrait des poings, mais ne put se retenir.

Il usa ses dernières forces pour se mettre à genoux et frapper le tapis d'un coup de poing puissant, libérateur, et s'effondra sur le dos de tout son long, impuissant.

Aujourd'hui, il avait perdu.

# Posted on Tuesday, 15 December 2009 at 7:21 PM

Extrait.

Extrait.
De même que dans l'amour cette illusion existe, cette illusion de ne jamais pouvoir oublier, de même que j'ai eu l'illusion devant Hiroshima que jamais je n'oublierai.
De même que dans l'amour.


Elle, Marguerite Duras, Hiroshima mon amour, edition babel, page 23.
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# Posted on Sunday, 06 December 2009 at 11:02 AM

Un long fleuve .........

Un long fleuve .........
La vie n'est qu 'un fleuve à la descente vertigineuse, où s'étale des obstacles diverses.

Certains peuvent être évités, d'autres surgissent aux derniers moments et sont frappés de plein fouet par notre embarcation.

Si cette dernière est forte, alors elle continue sa route, malgré les blessures et dégâts.

Si cette dernière est faible, alors...

Quoi qu'il arrive, le paysage défile à une vitesse proprement irréelle et intense, parfois trop vite, parfois trop lentement.

Nous nous retrouvons tous face à des choix.

Regarder le paysage, au risque de frapper le premier obstacle venu.
Regarder derrière, contempler la dernière difficulté que l'on a supportée, et prendre le risque de rentrer de plein fouet dans la première venue.
Regarder devant, et anticiper chaque difficulté, sans prendre de risques, sans un seul moment de rêverie...

Quoi qu'il arrive, "nous nous retrouvons tous face à des choix."

Mais lesquels sont les bons, lesquels sont les mauvais...

# Posted on Thursday, 26 November 2009 at 1:17 PM

La vie ne serait qu'une mauvaise littérature?

La vie ne serait qu'une mauvaise littérature?
« Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »


Une page blanche. Un chapitre inachevé, qui n'aboutira jamais, comme si son géniteur était parti, son élan coupé en plein vol, fauché par une réalité sans pitié.

Il avait l'impression d'avoir été un de ces personnages de comédie romantique américaine idiote, ce personnage qui observe, qui croit, qui séduit, mais dont l'affaire ne peut pas aboutir, parce que ce qu'il fait est jugé comme immoral, dans une société où la peur du danger et de l'inconnu est devenu plus forte que la raison.

Un long travail difficile l'attendait maintenant. Il fallait conclure ce chapitre, le terminer à la hâte, et ne pas mettre de point final pour le moment.

La hâte ne lui avait apporté que des soucis dans cet histoire. Certains mots ne doivent pas être dits, contrairement à d'autres.

Une chose était sur. Ce chapitre était le plus difficile à intégrer et assumer dans l'histoire de sa vie. Sa place restait flou, et sa forme lorgnait autant du coté du chef d'œuvre que du coté du pathétique, une certaine fierté se dégageant de son auteur, assurément, et c'est de la d'où venait tout son désespoir.

Il avait su faire preuve d'une certaine force, en prenant son destin en main, risquant de détruire un pilier de plus dans sa vie. Ce pilier était solide, il avait su se renforcer au fil des semaines pour atteindre une taille et une importance insoupçonnée. Aujourd'hui, contre toute attente, il s'était écroulé, comme fragilisé par son propre poids. La chute avait été trop rapide, trop brutale, trop anormale, d'un point de vue externe.
Cette métaphore était pour lui profondément douloureuse, car profondément vraie. Il fallait maintenant surpasser ces débris et avancer. Il avait déjà commencer ce travail, mais pour la première fois de sa vie, il était impossible pour lui de faire semblant que rien ne s'était passé, que tout allait bien. Certains événements sont trop brutaux pour être dissimulés.

L'art est un moyen formidable pour surpasser, témoigner et avancer. L'écriture, plus particulièrement, est expiatoire. Il fallait donc conclure ce chapitre. Il ne sera jamais effacé avant impression, mais le livre n'est pas encore terminé. D'autres chapitres suivront. Peut être auront ils un rapport avec ce chapitre dramatique, peut être pas. Peut être que ce livre sera au final une tragédie, ou alors un très mauvais conte niais, qui commence mal, mais finit bien. Et peut être que ce mauvais personnage de film à l'eau de rose disparaitra enfin.

En attendant, il ne fallait rien regretter. Le jeu en valait la chandelle, même si aujourd'hui deux êtres souffrent, ou au moins un de façon certaine. Il n'y avait aucun moyen de savoir si chacun avait pris la bonne décision ou pas. Personne ne le savait, personne ne le saurait probablement jamais.

Et même si certaines pensées obscures le tracassaient, il ne pouvait s'empêcher de penser à ces brefs moments de bonheur qu'il avait pu toucher du doigt brièvement.
Rien que pour ça, il ne fallait rien regretter.

Ce chapitre était peut être enfin bouclé.
Il ne tenait qu'à eux de continuer le livre, dans un sens comme dans un autre.

"Il est temps de se comporter comme des adultes."

Aujourd'hui, il n'était qu'un enfant perdu, sans repère, insouciant, et il ne voulait plus grandir.
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# Posted on Monday, 16 November 2009 at 10:34 AM